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dimanche 7 décembre 2025

La St Éloi à Givry

La célébration dominicale à Givry en Argonne ce dimanche a été l'occasion de fêter la St Éloi.


 Mot d'accueil de Denis Soidé

Bonjour à toute et à tous,

Nous vous souhaitons la bienvenue dans cette église de Givry en Argonne pour célébrer notre Saint Patron Saint-Éloi représenté par cette statue. C’est l’occasion pour nous de revenir sur la campagne écoulée et les ressentis du métier.

Rappelez-vous l’année dernière, Paul nous racontait que l’année 2024 était catastrophique au niveau des productions végétales.

Pour 2025, malgré une implantation d’automne plus tardive et un déficit pluviométrique au printemps pénalisant surtout les orges, la moisson a été dans l’ensemble satisfaisante avec toujours des disparités suivant les secteurs géographiques notamment pour les betteraves et les maïs. Mais l’augmentation du prix des intrants et des cours très affaiblis nous conduisent à un revenu de nouveau en berne pour cette année. Le travail fourni n’est pas récompensé à sa juste valeur.

Dans les productions animales, le lait et la viande connaissent actuellement des cours soutenus qui permettent aux exploitations enfin de respirer après de longues périodes plutôt difficiles. Mais elles sont impactées par des maladies (FCO, grippe aviaire…) ainsi que par la menace du loup.

Le monde agricole comme de nombreux secteurs est inquiet et prudent face à la paralysie politique de notre pays.   L’ambiance actuelle est marquée par le sentiment d’un avenir compliqué et l’inquiétude subsiste; un pessimisme et une fatigue perdurent devant les problèmes et questions accumulées.

Cela se traduit par des manifestations et un durcissement des forces syndicales.

Au niveau européen, l’élaboration du futur budget de la PAC et l’accord du Mercosur sont des menaces sur le devenir de notre agriculture européenne. Au niveau géopolitique, les relations internationales n’apportent pas d’apaisement, bien au contraire, l’agriculture devient une monnaie d’échange.

Beaucoup d’agriculteurs ont le sentiment que leur travail n’est pas reconnu. Ils souffrent du poids des normes et des contraintes administratives pas toujours adaptées aux réalités de terrain.

Alors que le soin de la nature est un élément essentiel de notre métier, la pression sur les questions environnementales est aussi perturbante. La loi Duplomb, la découverte de la pollution des PFAS, … sont l’occasion, à chaque fois, de mettre en cause nous autres agriculteurs.

Après ce début plutôt pessimiste, gardons l’espoir qui nous fait vivre au quotidien et avançons comme nous l’avons toujours fait. Adaptons nous, tout en gardant l’amour du métier et rappelons-nous que nous sommes indispensables pour nourrir la population.


Saint Éloi, des pistes pour réagir

Suite à la publication du 18 novembre sur le bilan de l'année agricole, Joël Morlet propose quelques pistes de réflexion pour rebondir au delà de l'événement festif de la Saint-Éloi.

Rassemblés pour la fête de notre Saint Patron, il n’est pas exagéré de dire que la sérénité n’est pas dans les têtes. Beaucoup d’inquiétude et de questions nous habitent. Où allons-nous ? De quelque côté que nous regardions, l’avenir apparait incertain et insécurisant. Que nous regardions la situation politique de notre pays, les relations entre les nations, nous voyons affrontements, invectives, provocations et peu de volonté de s’entendre. Dans notre société en général, il y a comme un délitement du lien social, du vivre ensemble et de nombreuses incivilités et frustrations. Dans notre profession, des oppositions se durcissent. La question environnementale remet en cause la trajectoire de notre société mais n’arrive pas à trouver des solutions consensuelles.

En nous présentant devant Dieu, il y a donc déjà une prière pour lui demander son aide afin d’affronter et surmonter ces difficultés, nous éclairer, ranimer notre espérance

Dans un second temps, en écoutant la Parole de Dieu, quelle espérance devons-nous cultiver ? A quoi sommes-nous appelés dans cette situation ? Le mal est tel qu’il nous fascine, quels chemins de vie et de confiance peuvent s’ouvrir ?

Notre foi chrétienne nous invite à regarder vers le Christ. Lui aussi, à son époque, a affronté et subi le mal mais le passage par la croix a débouché sur la résurrection et l’espérance d’un monde de justice, de fraternité et de paix. Nous sommes invités à participer à sa construction. Actuellement le brouillard est épais mais le Christ nous invite à avancer, même si ce n’est que pas à pas dans cette direction d’un monde renouvelé par l’amour. Nous avons à être une lumière, un sel qui travaille à renouveler le monde vers plus de justice et de fraternité.

En fait n’est-ce pas ce que nous nous efforçons de faire chaque jour, même si quelquefois nous risquons de l’oublier ? Les menaces ne doivent pas masquer les pas que nous faisons pour respecter et mettre en valeur la Création qui nous est confiée. A partir de connaissances scientifiques nouvelles, notre conduite du travail évolue. « Symbiose », « Terrasolis », « les contrats de solution », les essais et formations en groupe, les réorientations personnelles : du collectif à l’individuel, chacun réfléchit, tenant compte des contraintes techniques et économiques, à la manière de travailler de manière responsable. Il est vrai que tout cela est habité d’une tension entre le souhaitable et le possible qui est quelquefois dure à vivre.

A côté de la question environnementale, les relations sociales dans notre pays demandent aussi un effort pour restaurer de la confiance et du dialogue ; il y a comme un éclatement de la société en groupes de revendications sans réelle écoute de l’autre. On ne s’écoute pas, on ne se comprend pas.

Au niveau national, où alternent oppositions radicales et débats, responsables et citoyens doivent se dire qu’il faudra bien aboutir à des compromis car nous continuerons de vivre ensemble dans le même pays. 

Pensons aussi à reconstruire le lien social par le bas. Combattre un individualisme négatif en favorisant tout ce qui est associatif, tout ce qui rassemble, tout ce qui permet de se connaitre et de réaliser ensemble. Là encore le chemin est déjà ouvert par le mutualisme et la coopération, le travail en groupe, les rencontres professionnelles, les associations familiales ou de loisirs, les évènements festifs. Les municipales seront-elles l’occasion d’un débat positif entre tous les groupes sociaux sur la vie commune dans les villages et l’évolution de notre espace rural ? Chacun a sa part de vérité et le dénigrement doit faire place à l’écoute et au dialogue, le respect doit être réciproque. On réclame des gens mesurés, capables d’écouter, de débattre avec, en priorité, le souci du bien de tous.

Saint Paul nous dit que la Création et notre humanité sont comme en enfantement et en ce moment, l’enfantement est particulièrement douloureux et incertain mais nous sommes invités à avancer pas à pas dans la direction d’un monde meilleur. Ce n’est pas ce qui conduit à la division et à la mort qui doit nous obséder, il s’agit plutôt de s’appuyer sur ce qui nait déjà d’un monde de justice et de fraternité pour avancer et vivre concrètement cette espérance. Notre effort pour prendre soin de la Création et vivre la fraternité ne doit pas être marginalisé mais être de plus en plus partagé par tous.


jeudi 27 novembre 2025

Saint Éloi 2025, un avenir compliqué

La St Eloi se profile à l'horizon. Comme de coutume, quelques agriculteurs se sont retrouvés autour de Joël Morlet pour faire le point sur la campagne écoulée et sur ce que vit le monde agricole. Voici quelques données sur ce bilan d'étape.

        Dans le monde agricole, l’ambiance actuelle est marquée par le sentiment d’un avenir compliqué et beaucoup d’inquiétude ; un pessimisme et une fatigue s’installent devant les problèmes et questions accumulés.

Cela s’est traduit par des manifestations et un durcissement entre forces syndicales lors des élections professionnelles aux chambres d’agriculture. Beaucoup d’agriculteurs ont le sentiment que leur travail n’est pas reconnu. Ils ont pourtant un sentiment de fierté du métier qu’ils exercent pour mettre en valeur la nature. Dans les orientations politiques, l’agriculture risque d’être considérée, aux niveaux européen et français, comme secondaire.


Pour les productions végétales, la moisson a été satisfaisantes mais l’augmentation du prix des intrants et des cours hésitants conduisent à un revenu en berne pour cette année. Le travail fourni n’est pas récompensé.

Dans les productions animales, le lait et la viande connaissent actuellement des cours soutenus qui permettent aux exploitations de respirer. Mais elles sont impactées par des maladies (FCO, grippe aviaire…) ainsi que par la menace du loup.

Préoccupation importante : l’inquiétude des agriculteurs rejoint celle de tous les Français devant la paralysie politique de notre pays.


Au niveau européen, l’élaboration du futur budget de la PAC et l’accord du Mercosur sont des menaces sur le devenir de l’agriculture européenne. Quelle agriculture européenne veut-on à l’avenir ? Au niveau géopolitique, les relations internationales n’apportent pas de l’apaisement, bien au contraire, l’agriculture devient une donnée des affrontements.

Les agriculteurs souffrent du poids des normes et contraintes administratives ; de plus elles ne sont pas toujours adaptées aux réalités de terrain.

Alors que le soin de la nature est un élément essentiel de leur métier, la pression sur les questions environnementales est aussi perturbante. La loi Duplomb, la découverte de la pollution des PFAS, … sont l’occasion, à chaque fois, de mettre en cause les agriculteurs.

En même temps, devant l’importance prise par les concurrences économiques entre États, le « Green Deal » européen qui visait à conduire une « transition » écologique est remis en cause mais la question de la préservation de l’environnement reste urgente. De même l’agriculture bio connait une baisse des surfaces cultivées.


Pour rester positif, a contrario, les efforts des organisations agricoles continuent pour entamer la transition écologique : « Symbiose », le programme « Transitions » de Vivescia, Terrasolis, « Contrats de solution » de plusieurs organisations agricoles…, pour ne pas parler de toutes les recherches et essais menés en groupe ou individuellement.

Les figures d’exploitation agricole se diversifient beaucoup mais les formes de coopération restent vivantes. Il y aussi le travail pour s’adapter à de nouvelles techniques comme l’intelligence artificielle.

Avec la cellule « Réagir » dans la Marne ou « Solidarité Paysans » dans les Ardennes, la profession se soucie de soutenir les agriculteurs en difficulté.


dimanche 8 décembre 2024

Saint Éloi, des pistes pour rebondir

Suite à la publication du 18 novembre sur le bilan de l'année agricole, Joël Morlet propose quelques pistes de réflexion pour rebondir au delà de l'événement festif de la Saint-Éloi.

Dépasser le trouble actuel du monde agricole

Cette fête de Saint Eloi trouve le monde agricole dans le trouble. Le métier d’agriculteur reste ce beau métier qui met en contact avec la nature et sa force de vie ; force de vie que l’on peut admirer chaque jour et à laquelle le travail agricole fait porter du fruit. Mais tout cela se trouve obscurci par diverses incertitudes, incohérences et questions qui peuvent être écologiques (climat, maladies, …), économiques (concurrences brutales), sociales (isolement, faire face à la diversité des attentes de la société), politiques (règles de la PAC et administration française) au point que l’avenir apparait incertain ; beaucoup d’agriculteurs se trouvent déstabilisés sans vision pour l’avenir. De ce fait la fierté et la dignité de cette profession s’en trouvent affectées.

Contribuer au bien-être et au progrès de la société

Il est tout à fait légitime de désirer trouver une utilité et une fierté dans l’exercice de son métier. Précisément la Parole de Dieu nous invite à garder l’espérance et à continuer à œuvrer pour que le métier d’agriculteur contribue au bien-être et au progrès de notre société. Les bouleversements actuels sont importants et il n’y aura pas de retour en arrière à l’identique ; il s’agit maintenant de tracer des chemins pour renouveler le rapport à la nature et créer une harmonie entre les hommes et avec cette Création que Dieu nous a confiée. Il y va de notre responsabilité même si le chemin apparait difficile.

Dans cet engagement pour tracer des chemins d’avenir, une finalité doit rester essentielle, c’est celle de contribuer au Bien commun, au bien de tous.  Les exploitations agricoles sont aujourd’hui très diversifiées mais cela ne supprime pas la nécessité de l’échange, de la concertation, de la collaboration pour déterminer les chemins les plus bénéfiques pour une agriculture au service de l’humanité. Avant de se penser concurrents ou opposés du fait des choix que nous avons faits et qui creusent toujours plus d’individualisme, il s’agit de se penser solidaires et complémentaires. Des problèmes ne trouveront de solutions qu’en y travaillant ensemble et en mettant nos idées et nos efforts en commun. C’est à la mise en valeur de la même nature que nous sommes appelés.

Le Bien commun doit inclure l’ensemble des catégories sociales du pays

Plus largement la recherche du Bien commun doit inclure l’ensemble des catégories sociales de notre pays. Chacun a ses aspirations et ses projets. Les territoires ruraux doivent définir leur devenir dans le dialogue et la compréhension entre agriculteurs et autres ruraux ; il s’agit d’habiter ces territoires ensemble, chacun y trouvant sa place. Au niveau de toute la société, la qualité de l’environnement et celle de l’alimentation de même que le défi énergétique sont des enjeux importants pour tous et les agriculteurs sont au cœur de ces enjeux. Là aussi il s’agit de construire ensemble. Les polémiques idéologiques, les exclusions et les positions rigides ne construiront rien. Il faut avancer ensemble dans l’écoute, l’accueil de ce que porte l’autre.

Dans toutes ces évolutions que nous connaissons, une attention particulière doit être portée aux plus fragiles, ceux qui risquent de rester au bord de la route. Une solidarité doit se manifester pour leur permettre de garder leur dignité à eux aussi.

Des technologies de pointe au service de la communauté humaine

Il nous faut aussi veiller à ce que la puissance des technologies de pointe (biologiques, informatiques) ne vise pas que le profit et la suprématie mais reste bien au service de l’être humain et de la communauté humaine. Comme le rappelle régulièrement le pape François, ce sont les valeurs fondamentales de respect de la dignité humaine et de recherche de la communion entre tous qui doivent guider le progrès technique.

Tous ces efforts pour sortir des impasses et avancer vers une société plus juste et plus fraternelle en harmonie avec la nature peuvent nous apparaitre difficiles et même vains. Saint Paul nous dit que c’est comme un enfantement, il va vers la vie.

Notre foi est source d’espérance

Et au moment où nous entrons dans le temps de l’Avent, il faut nous rappeler que nous ne fêtons pas seulement un évènement du passé, la naissance du Christ. Sa naissance n’est commémorée que pour nous rappeler que le Christ reviendra pour accomplir ce qu’il a commencé. Cette foi est la source de l’espérance qui anime les chrétiens et fait qu’ils ne baissent jamais les bras. Nous ne pouvons pas abandonner notre responsabilité. Dans le soleil ou le brouillard, il faut construire une société où l’homme, responsable de la Création, construit jour après jour par son activité un monde harmonieux, un monde de progrès humain vrai. Les Béatitudes nous rappellent les dispositions profondes qui doivent nous animer pour aller dans ce sens : désintéressement qui traduit la pauvreté de cœur, souci de la justice, travail pour la réconciliation et pour la paix, dévouement sincère pour le bien de l’ensemble. 


samedi 7 décembre 2024

La St Éloi à Ville sur Tourbe

Mot d'accueil de Paul Poquet

Bienvenue à tous,

Nous sommes très heureux de vous accueillir à Ville sur Tourbe pour célébrer ensemble, les trois paroisses réunies, la St Éloi 2024. Éloi est le St Patron de ceux qui travaillent le fer et la terre.

Notre statue de St Éloi a fait le voyage depuis Valmy et elle repartira vers Givry pour 2025.

L’heure du bilan de campagne.

La St Éloi est l’occasion de faire le point sur l’année écoulée et imaginer les perspectives d’avenir. L’année dernière, à Valmy, Alexandre nous disait que 2023 était un bon cru, en culture comme en élevage, mais qu’il fallait rester vigilant car la médaille a toujours son revers…

Il n’a pas fallu attendre longtemps, 2024 est catastrophique. En cultures d’été, pas de rendement, pas de qualité, pas de prix ; c’est un peu mieux à l’automne pour les betteraves. En élevage, si les prix restent corrects, la maladie (FCO) a fait son apparition. Côté artisanat, pas la grande forme non plus avec la crise de l’immobilier.

Bref, une année à vite oublier : annus horribilis en latin ! Les plus fragiles, les JA qui ont moins de réserves mettrons souvent longtemps à s’en remettre. Et surtout, le moral des agriculteurs n’est pas au beau fixe, certains envisagent même de jeter l’éponge.

Pour l’avenir, la feuille de route n’est pas claire.

Pour l’avenir, on navigue en plein brouillard, la feuille de route n’est pas claire du tout. Les choses vont un peu dans tous les sens et l’on se sent tiraillés entre les différents discours. On nous demande de nourrir la population, de protéger la nature, l’eau et la biodiversité, d’employer moins de chimie et de favoriser le bien-être animal, de faire de l’énergie verte, d’émettre moins de CO2 et, bien sûr et un premier lieu, de produire pas cher et de qualité !

Et tout cela avec les lois, les directives, les papiers à remplir, les contrôles et les pénalités qui vont avec. Nous voilà donc fin 2024 avec tous les ingrédients pour que le raz le bol s’installe et que la colère monte.

Les récentes manifestations sont légitimes, contre le Mercosur, pour la simplification administrative, pour sécuriser le revenu. Mais dans un contexte de déficit à 3000 milliards et de pagaille à l’assemblée national, c’est compliqué !

Quel renouvellement des générations ?

Un autre grand défi nous attend, le renouvellement des générations avec 50% des agriculteurs qui prendront leur retraite d’ici 10 ans. La baisse du nombre d’exploitants et donc l’agrandissement des structures semble inéluctable. Le modèle français de la petite agriculture familiale a du plomb dans l’aile ; la baisse de l’élevage va se poursuivre.

Un besoin de reconnaissance

Alors, que souhaiter pour cette St Éloi 2024 ? Que la récolte et les prix 2025 soient meilleurs (pas sûr !), que nos revendications soient entendues (textes dans la bon sens), que le gouvernement et la société civile nous manifestent un peu de reconnaissance, un peu d’estime, un peu d’encouragement en place de directives, contrôles, pénalités. Comme on dit, l’espoir fait vivre et je crois que c’est un peu le sens des textes choisis par l’abbé Louis Mainsant pour cette St Éloi.


lundi 18 novembre 2024

St Éloi 2024; une année difficile pour le monde agricole

La St Eloi se profile à l'horizon. Comme de coutume, quelques agriculteurs se sont retrouvés autour de Joël Morlet pour faire le point sur la campagne écoulée et sur ce que vit le monde agricole. Voici quelques données sur ce bilan d'étape.

Une année difficile

Globalement le moral des agriculteurs n’est pas au beau fixe. Les pluies de printemps et d’été ont compromis en partie les récoltes céréalières et oléagineuses ; les rendements sont nettement en dessous de la moyenne des années précédentes ; pour certaines exploitations, c’est 50%. Les prix sont plutôt bas. Par contre, en positif, les résultats pour les betteraves sont satisfaisants.

Ces mauvais résultats affectent les économies des exploitations, exposant celles qui doivent faire face au remboursement d’emprunt, soit à se retrouver en rupture de paiement ou en défaut de trésorerie, et à revoir, quand cela est possible, les plans de financement. Ces difficultés vont se manifester surtout au mois de janvier 2025.

Paradoxalement les organisateurs et les exposants de la Foire de Châlons, évènement qui donne un peu la température sur l’activité autour du matériel agricole, sont plutôt rassurés compte tenu des difficultés actuelles.

Du côté de l’élevage, la situation est plus problématique, avec des prix certes assez stables mais qui restent bas. Surtout de nombreux éleveurs sont concernés par la fièvre catarrhale avec comme conséquence pour les troupeaux ovins mais aussi bovins, des avortements, des problèmes à la naissance. Elle occasionne une chute de la production de lait, impactant la nourriture des petits et la quantité de lait commercialisé. Beaucoup d’éleveurs sont découragés.

La gestion des questions sanitaires (mise en place de plans de vaccination, élaboration et disponibilité des vaccin) a été marquée par des dysfonctionnements suscitant la colère des éleveurs.

Des problèmes de financement

Beaucoup d’agriculteurs ont fait appel à des plans de financement pour faire face à leur besoin en matériel, mais aussi en intrants aux prix volatiles. La capacité de remboursement va dépendre des résultats, des prochaines moissons.

Des agriculteurs, baissent les bras : « est-ce que cela vaut le coup de choisir aujourd’hui ce métier ? ».

Des personnes et des exploitations se retrouvent en difficulté : défaut de paiement, incapacité d’assurer les échéances financières, mutuelles non payées, problèmes relationnels. Il faudra porter une attention particulière à toutes ces personnes pour des raisons économiques et pour des raisons humaines. La profession et des associations essaient d’être présentes à ces situations et proposent un accompagnement

Des évolutions en cours

Dans les évolutions que vit l’agriculture, il faut souligner ces dernières années l’implantation des méthaniseurs, qui viennent accentuer la part des productions végétales qui s’oriente vers la production d’énergie. La plupart de ces méthaniseurs sont des initiatives collectives. Entre 5 et 10 agriculteurs, et jusqu’à une quarantaine, se sont regroupés autour de ces créations, ce qui est assez remarquable. En même temps beaucoup s’interrogent sur le danger de prélever des productions végétales, dont la vocation première est de nourrir les hommes.

Une autre tension se manifeste entre le désir de promouvoir l’installation des jeunes pour un renouvellement des générations et la montée d’exploitations de grande dimension où l’agrandissement semble ne pas avoir de limite et la primauté est donnée à la dimension financière avec un salariat important. Cela questionne sur l’avenir des exploitations familiales.

La profession se mobilise

Mobilisation de la profession : en janvier et février, des manifestations importantes ont eu lieu (les différents syndicats étaient mobilisés), qui expriment un mécontentement face aux questions économiques, avec différentes causes : inflation, augmentation et volatilité des prix des intrants, importations agricoles concurrentielles sans les normes de qualité, non-suivi de la loi « Egalim » dont le but était de stabiliser les prix quant à l’achat des industriels et des distributeurs.

À ces difficultés s’ajoute celle des réglementations avec leur aspect contraignant ; elles sont quelquefois contradictoires sur les questions environnementales. De plus l’application des directives européenne n’est pas la même suivant les pays, ce qui crée des dysfonctionnements de concurrence, en particulier aux frontières : cerises en Alsace, légumes dans le midi. Les réglementations se multiplient et augmentent le travail bureaucratique, ce qui oblige l’agriculteur à y consacrer beaucoup de temps : « ce n’est pas mon métier » disent-ils. Il y a une demande urgente de simplification.

La crainte est grande aussi que les accords du Mercosur, avec les pays d’Amérique latine n’entrainent une nouvelle pression sur les marchés et les prix, ce qui amènerait vraisemblablement de nouvelles manifestations.

Plus faible relation des agriculteurs avec leur environnement humain

Les agriculteurs sont aujourd’hui beaucoup moins nombreux, et souvent minoritaires parmi les populations présentes dans les campagnes. A cela plusieurs conséquences, un isolement des agriculteurs entre eux, favorisant des conduites individualistes, et des incompréhensions avec les populations présentes, ce qui n’est pas sans provoquer des conflits.


Globalement les discussions font apparaître le manque de perspective, le manque de vision sur le plan économique, mais aussi autour des questions écologiques et sur le plan sociétal, autour de la reconnaissance et l’utilité du métier d’agriculteur.

Des capacités de rebondissement

Cela dit, l’agriculture, reste un lieu d’initiative, d’entreprise même si elle doit faire face à de nombreux défis économiques, humains, écologiques. Face à ces défis, et ce qu’ils demandent de prendre en considération, si les résistances à évoluer sont réelles, les initiatives le sont tout autant, qu’elles soient individuelles ou communautaires. Il est à noter que lorsque l’occasion se présente, les agriculteurs aiment discuter, échanger, il y a certainement un réel besoin à favoriser des lieux de rencontre, et des lieux où chacun peut s’expliquer et permettre la naissance d’idées

samedi 2 décembre 2023

Saint Éloi, des pistes pour rebondir

 Chaque année, des agriculteurs se réunissent afin de préparer une messe en l’honneur de leur Saint Patron, Saint Eloi. A partir de ce bilan (cf. publication du 23 novembre), Joël Morlet propose quelques pistes de réflexion pour rebondir au delà de cet événement festif.


Quelques idées pour rebondir à la suite de la Saint Éloi.

Depuis quelque temps, l’Église, par la voix des papes, a coutume d’appeler notre planète « la Maison commune ». Cela a pour mérite de manifester la solidarité et la fraternité qui lient tous les êtres, humains et non-humains, qui la composent. Elle souligne la richesse et la diversité de tous ces êtres ainsi que l’équilibre qui doit présider à leur cohabitation et leur coopération. Hommes et femmes, nous avons été créés comme responsables de cette Maison, veillant sur cette diversité et cet équilibre. « Tous, nous sommes responsables de tous » disait Saint Jean-Paul II

Aujourd’hui cette Maison est secouée par une crise qui menace les équilibres humains et environnementaux. Les développements scientifiques et techniques qui nous ont donné un pouvoir inédit sont questionnés par les nouvelles connaissances scientifiques. Il nous faut réfléchir à des réorientations. De même la mondialisation qui avait unifié les peuples se révèle porteuse des venins de la volonté de dominer et du rejet, de la loi du plus fort. Les progrès qui nous ont apporté tant de bienfaits, demandent à être corrigés. Cela ne concerne pas que l’agriculture mais toute notre société.

Pour nous chrétiens, cela nous incite non pas au catastrophisme et au découragement mais à l’engagement et à la confiance que nous sommes capables de trouver les nouveaux chemins de la justice et de la paix. Non par les simplismes et la recherche facile de boucs émissaires, ni par le retour en arrière, ni par le chacun pour soi et le refus de l’autre mais par une recherche équilibrée et patiente de nouvelles voies ou de voies renouvelées.

Dans ce soin de la Maison commune, vous, les agriculteurs avez une place particulière : une part importante de la gestion de la nature vous est confiée pour le bien de tous. Nourrir les êtres humains, veiller à préserver la biodiversité, articuler le soin de la terre, des végétaux et des animaux de manière équilibrée vous met en contact privilégié avec la Création. Au-delà des découragements qui peuvent naitre des difficultés liées aux aspérités de la nature, à la non-reconnaissance de votre travail, le métier d’agriculteur est motivant : il offre un contact et une proximité avec la nature, avec la vie et la force qu’elles contiennent. La technicisation qui facilite le travail ne doit pas supprimer cette proximité et ce plaisir. Cela donne du sens au travail. Mais la recherche excessive du profit ou l’impossibilité de gagner sa vie ne doivent pas venir corrompre cette responsabilité particulière de gérer la nature.

Cette mission confiée aux agriculteurs est appelée à être vécue en solidarité. Ce n’est pas une option, sauf à aller contre le sens de la Création. L’humanité a été créée solidaire. De même que nous sommes destinés à un compagnonnage attentif et bienveillant avec la nature, de même les hommes et les femmes sont appelés à prendre soin les uns des autres en veillant au respect de chacun et à la complémentarité entre les diverses catégories sociales.

L’égoïsme qui attribue à l’autre la responsabilité de ce qui ne va pas, qui considère celui qui est différent comme un concurrent ou une menace, qui justifie cette attitude comme une nécessité humaine est un poison à l’origine de la plupart de nos problèmes. La méfiance sociale qui habite notre société est un cancer : il empêche de croire l’autre, il lui attribue des motivations intéressées, il empêche de travailler ensemble en confiance. A l’inverse, il nous faut redécouvrir la richesse de la coopération qui commence par le simple plaisir d’échanger, la multiplication des occasions de parler ensemble. Croire que l’autre est un atout pour un enrichissement mutuel. Nous sommes responsables ensemble de la Maison commune et c’est ensemble que nous trouverons les voies de l’avenir.

Dans l’homélie proposée l’an dernier, il était dit : « il nous faut réapprendre à écouter, à s’écouter, à parler, à se parler. L’individualisme qui équipe d’œillères peut quelquefois conduire à l’autisme. Le refus de l’autre, de ses convictions et de choix différents se mue en agressivité et en colère. Pour que notre parole soit juste, il faut que notre écoute soir réelle. Dans ce monde complexe, il est si facile de simplifier, de penser en noir et blanc. »

Pour cette fête de Saint Eloi, nous nous sommes rassemblés et nous célébrons une messe. C’est à un repas que nous sommes conviés, un repas de frères, un repas d’enfants de Dieu à qui Il a confié la Maison commune. Offrons lui l’image d’ouvriers réellement attelés à cette tâche.


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Saint Éloi à Valmy; mot d'accueil d'Alexandre

 

Bienvenue à vous qui êtes présents ce matin pour fêter St Éloi !

Je me souviens, et vous aussi peut être, avoir conclu il y a quelque temps, le mot d’accueil à l'occasion d'une St Éloi, par ces mots : « Soyons fiers d’être Agriculteurs, la tête haute et les pieds bien sur terre. »

        Il y a quelques jours, nous manifestions, contre la suradministration, contre l'inconcevable jachère stricte (aucune production possible), contre le changement permanent de normes plus incompréhensibles les unes que les autres. Bref le mot d'ordre était : « on marche sur la tête !!»

Autrefois nos parents, alors jeunes installés, étaient souvent fatigués de leurs longues journées de travail, beaucoup de tâches n'étaient pas mécanisées, encore moins robotisées comme à présent. Mais c'était de la bonne fatigue ! Une bonne nuit de sommeil, avec la satisfaction du travail bien fait, remettait les organismes en route dès l'aube !! Ils ne se prenaient pas la tête… enfin moins … et pas pour les mêmes raisons... !

Vous avez remarqué sans doute que le mot "tête" revient souvent depuis mes premières phrases... Eh oui !     La tête, aujourd’hui, elle dépasse largement les jambes !

Avant, pour être agriculteur il fallait être grand, fort et... pas forcément malin !! Aujourd’hui il ne faut pas forcément être grand, pas forcément costaud, mais bien, bien malin ! Je dis malin parce qu'intelligent ne nous garantit pas forcément une complète compréhension et application des dernières directives et normes de nos chères administrations !

Nous n'avons plus trop mal au dos, ni de courbatures, mais plutôt un permanent mal de tête et un moral plutôt en bas des jambes... Nos nuits sont hantées :

-        d'éco-régimes,

-        de directives nitrates,

-        de ZNT Riverains,

-        de DVP,

-     de BCAE 7 ou, tiens, 8 !! Attention la 9 est en écriture dans les ministères !!

On se réveille avec la cotation du blé, l'effet El Nino, ou bien encore le « jet stream » afin de se renseigner sur la prochaine zizanie météorologique ! Il est où notre beau métier  dans tout ce charabia technocratique d'individus hors sol ??

Notre beau métier ? Il est là, devant nous ! Chaque jour c'est notre défi : nourrir le monde, …tout le monde …même nos détracteurs ! Essayons de ne pas être trop rancuniers. C'est notre mission, notre devoir, depuis la nuit des temps ! Et croyez- moi, nous le faisons bien. Soyons encore une fois fiers de notre métier, ne perdons pas nos valeurs si précieuses en ces temps chahutés ! Nous devons, et vous devez, être fiers de vous !

Notre défi quotidien c'est la réussite de nos exploitations dans la durée ; nous avons développé inconsciemment une machine de guerre ! Cette machine de guerre, c'est notre capacité d'adaptation quotidienne !! c'est notre moteur et notre force face à tous ces changements (climatiques, alimentaires, géopolitiques).

Cette année 2023 est un bon cru ! La météo s'en mêle depuis fin février mais les récoltes sont majoritairement bonnes ! L'élevage va bien! Et oui, ça fait bien longtemps que l'on attendait de bons résultats en élevage ! La vigne cherche de nouveaux tonneaux… Bref, tout roule !

Mais soyons vigilants, la médaille a toujours son revers...

Bonne St Éloi à tous



Ce samedi était fêtée la St Éloi, patron des agriculteurs, à Valmy. 



jeudi 23 novembre 2023

St Éloi 2023, les agriculteurs cherchent des voies d'avenir

 La St Eloi se profile à l'horizon. Comme de coutume, un petit groupe d'agriculteurs s'est retrouvé autour de Joël Morlet pour faire le point sur la campagne écoulée et sur ce que vit le monde agricole. Voici quelques données sur ce bilan d'étape.

Globalement l’année 2023 a été une année difficile, bien loin de l’année 2022, en particulier pour les régions de la Marne que l’on appelle « périphériques ». Pour ceux qui font de la betterave, il y a heureusement une embellie. Pour les élevages, à part les poulets, les résultats sont satisfaisants. Pour tous, la difficulté est que les charges continuent d’augmenter. Les situations individuelles sont contrastées mais certaines exploitations risquent de se retrouver en difficulté de trésorerie.

La pression de la bureaucratie ne fait que s’accentuer, laissant fréquemment l’agriculteur insécurisé face aux incertitudes et aux risques d’oublis; les satellites veillent.

Le souci de la préservation de l’environnement est une donnée sans cesse plus présente : climat, eau, phytosanitaires, engrais… Diagnostics et analyses, limites et contraintes font l’objet de débats intenses entre instances politiques et organisations professionnelles. Les avis scientifiques ne sont pas toujours convergents. Les ONG environnementalistes et les médias sont impliqués dans le débat et ont une grande influence auprès du public. Un certain nombre d’agriculteurs s’efforcent de répondre au questionnement lié à l’environnement. Symbiose continue d’être un effort collectif liant agriculteurs, chasseurs et apiculteurs ; on voit des haies refleurir sur le territoire.

Face à tous ces défis et, en particulier économique, les agriculteurs cherchent des voies d’avenir : agroforesterie, méthanisation… Certaines sont sujets à controverse sur leur bienfait et leur durabilité. Ce qui caractérise l’aujourd’hui, c’est que ce sont souvent des projets individuels ou de petits groupes. Mais la recherche de l’agrandissement reste une voie fréquente et le travail par prestataire se développe.

Même pour les agriculteurs, la critique des grandes organisations, notamment les coopératives, est fréquente. L’information et la participation leur semblent déficientes. Les jeunes, lorsqu’il ne se replient pas sur leur exploitation et leur projet individuel, sont plus attirés par un travail en petits groupes.


samedi 3 décembre 2022

Cérémonie de la St Éloi à Givry

 Mot d'accueil par Éric Beaudoin


Bonjour à tous, 

Je suis content que l’on soit, aujourd’hui, tous réunis autour de notre saint patron.

C’est l’occasion de faire le bilan cette année écoulée.

C’est dans ce contexte difficile -humeurs capricieuses de la météo, accentuation des disparités entre les exploitations, pénuries des matières premières et flambées des prix- que nous avons, dans l’ensemble, fait de bonnes récoltes ; prenons le temps aujourd’hui de nous féliciter pour ce labeur et de remercier la bienveillance de Dieu pour son soutien.

Dans le contexte social actuel -guerre en Ukraine, concurrence entre production d’énergie et besoin alimentaire- l’individualisme vient renforcer les difficultés du quotidien surtout chez les plus fragiles d’entre nous.

Ce contexte met-il en évidence un système à bout de souffle ? Est-ce l’appel d’un vent nouveau ? Est-ce une invitation à se demander comment trouver davantage de sérénité, de paix en nous ? Comment incarner ce que nous souhaitons voir en ce monde ?

Puissions-nous trouver les réponses à ces questions en nous, et remercions Dieu de nous guider vers de nouveaux chemins.












mardi 29 novembre 2022

La fête des baptisés

 Samedi 26 novembre en l'église St Charles




« Les petits bouts » déposent un lumignon…

Une maman chante…

Une maman et un papa lisent des prières…

Une fête avec maman, papa, mamie, papi, marraine, parrain et les frères et sœurs…

Un moment partagé avec Joël, Louis, Janvier et Philippe…

Une image, un carnet, une part de brioche et les visages des chérubins s’illuminent…

Une église remplie de rires.



Echo de la cérémonie proposé par Isabelle





mercredi 2 novembre 2022

Saint Eloi 2022, bilan de la campagne agricole

 La St Eloi se profile à l'horizon. Comme de coutume, un petit groupe d'agriculteurs s'est retrouvé autour de Joël Morlet pour faire le point sur la campagne écoulée et sur ce que vit le monde agricole. Voici quelques données sur ce bilan d'étape.

La sécheresse de cette année 2022 a créé des difficultés pour les cultures de printemps et pose des problèmes pour les cultures à venir mais globalement les récoltes ont été satisfaisantes d’autant que, pour l’instant les prix se tiennent à des niveaux élevés.

Le souci des agriculteurs porte plutôt sur la durée de ces prix élevés et sur la hausse exponentielle des intrants. L’effet ciseau entre les deux pourrait devenir catastrophique. Sur ce point, l’avenir est très incertain du fait de la mondialisation, il n’y a plus de repères. De la même façon, l’approvisionnement en intrants de toute nature est également incertain.

Ceux qui souffrent particulièrement, ce sont les éleveurs : la sécheresse a réduit les réserves en nourriture pendant que le prix des intrants augmentait. Des réductions en nombre d’animaux s’amorcent. Les prix ne sont pas toujours rémunérateurs. Certaines filières sont menacées.

La logique capitaliste mondiale est à l’œuvre : cours spéculatifs des matières, marchés, agrandissement des structures, concurrence mondiale pour les entreprises agro-industrielles. La dimension financière de l’agriculture et des exploitations devient centrale. L’agriculteur de base a quelquefois du mal à s’y retrouver et à faire face.

Le souci de la préservation de l’environnement est une donnée sans cesse plus présente en agriculture : climat, eau, phytosanitaires, engrais... Diagnostics et analyses, limites et contraintes font l’objet de débats intenses entre autorités politiques et organisations agricoles ; les avis scientifiques ne sont pas toujours convergents ; les ONG environnementalistes et les médias jouent aussi un grand rôle auprès du public.

Face aux défis multiples, l’agriculture est attendue mais, de ce fait, une concurrence s’installe, par exemple   entre les utilisations des productions agricoles : doit-on privilégier la production de nourriture ou la production d’énergie ? d’autant qu’il faut aussi veiller à l’entretien des sols.

Tous ces défis avec les incertitudes qu’ils comportent demandent des choix d’orientation urgents qui touchent à la souveraineté alimentaire et énergétique ainsi qu’à la préservation de la santé et de l’environnement.


Les atouts sont que l’agriculture et les agriculteurs sont aujourd’hui reconnus comme des acteurs essentiels pour le devenir de notre société et les efforts pour faire comprendre comment ils assument cette responsabilité sont importants.

Pour faire face aux défis, beaucoup d’agriculteurs se rencontrent et se groupent pour mettre en œuvre des solutions. Ils ont conscience que nous sommes à un tournant et qu’il faut réorienter les modèles économiques même si certains ont du mal à entrer dans une autre perspective ; il n’est pas si facile de quitter ce qui a conduit au fond son investissement professionnel. La difficulté est que le contexte global est très incertain mais ils pensent qu’il faut avancer.